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Metz, le 28 octobre 2013

 

 

LETTRE À NOS ADHÉRENTS

ET AUX ASSOCIATIONS QUI NOUS SOUTIENNENT

 

 

 

Le mot du président

 

 

Merci

Lampedusa, Malte, Frontex, « tribunaux » à proximité des centres de rétention, Léonarda, Roms… les sujets d’actualité concernant l’étranger et l’immigration, à moins que ça ne soit de la xénophobie et du racisme, ne manquent pas. Pourtant tant de choses ont déjà été dites ou écrites sur ces sujets que j’ai décidé de vous parler, tout simplement, du CASAM.

 

Pour nos bénévoles, la tâche d’accompagner les demandeurs d’asile devient de plus en plus difficile. La complexité des dossiers et la charge de travail ne cessent d’augmenter. Les courriers officiels destinés aux solliciteurs d’asile qui se perdent pour différentes raisons (absence d’adresse, fausse adresse, non hébergement etc…), le référentiel des plates-formes d’asile qui ne leur demande plus que « d’aider » les demandeurs pour leur recours -et cette aide n’est en fait qu’une information. Tous ces facteurs sont lourds de conséquences.

Ainsi devons-nous aider, au sens le plus noble du mot, ces personnes déboussolées dans la constitution de leur dossier et nous faisons ainsi la majorité des recours pour le département et même parfois au-delà. Et cela doit être réalisé dans des délais imposés : 30 jours. Pour peu que le solliciteur d’asile ne vienne pas rapidement, qu’aucun traducteur ne soit disponible immédiatement, que le courrier s’égare, et la tâche, si elle est toujours compliquée, s’augmente d’un stress pour tenir les délais. Pourtant la loi prévoit ces recours mais les moyens pour les faire se réduisent comme peau de chagrin.

 

Dans ces conditions les accueillants du CASAM font le maximum pour tenir ce qui constitue souvent un pari impossible. Pour y parvenir, le travail en dehors des permanences est de plus en plus fréquent avec pour seul souci de se mettre au service des demandeurs d’asile.

Et après les recours il peut encore y avoir demande de réexamen, demande d’admission au séjour ou demande de régularisation dans le cadre de la circulaire Valls.

Et puis il y a toutes les autres démarches administratives (CMU, conversion du permis de conduire du pays d’origine en permis français, ouverture d’un compte bancaire etc…). Le tout toujours dans le cadre légal.

 

Pour les enseignants c’est également très difficile car les groupes sont fluctuants avec l’arrivée continue de nouveaux apprenants. Eux aussi font un travail considérable. Là encore le souci est le demandeur d’asile. C’est la raison pour laquelle les enseignants travaillent toujours dans la perspective des examens de français langue étrangère. Le coût d’inscription est important (105 euros) et l’examen se passe toujours à Nancy. Jusqu’à présent nos démarches pour que cet examen ait lieu à Metz n’ont pas abouti mais nous ne renonçons pas.

Nous sommes l’une des rares associations à présenter des étrangers à cet examen avec un succès exceptionnel. (17 sur 17 en 2012, 26 sur 28 en 2013).

 

 

Et lorsque le même matin un Soudanais et un Guinéen viennent nous annoncer qu’ils ont obtenu leur statut de réfugié devant la Cour Nationale du Droit d’Asile, que nous voyons les sourires de personnes qui sont en bonne voie pour obtenir un statut, lorsqu’une famille arménienne voit le bout du tunnel avec la maman, médecin radiologue, en stage – non rémunéré dans un hôpital - mais qui attend l’avis du Conseil de l’Ordre (elle est convoquée prochainement) pour pouvoir exercer, alors oui nous retrouvons le sourire et oublions le stress.

 

Notre engagement porte ses fruits – pas assez à notre goût en raison d’une politique d’immigration qui stigmatise l’étranger-. Au CASAM le travail de fond, réalisé avec l’accord et dans le respect du demandeur d’asile, est privilégié.

 

Et c’est parce qu’ils consacrent beaucoup de leur temps, avec sérieux et compétence mais aussi avec discrétion et efficacité, que je veux aujourd’hui remercier tous les bénévoles du CASAM pour leur travail et pour la défense de l’image de la France pays des Droits de l’homme.

 

Georges JACQUOT

 

 

 

 

Réflexions sur l’affaire Léonarda


Peut-on, dans cette lettre, ignorer l’affaire Léonarda qui a fait tant de bruit. Je ne le pense pas mais, ne connaissant pas le dossier , je ne porterai aucun jugement sur le fond, cependant plusieurs points que nous ne cessons de dénoncer ont été mis en évidence :

1.- les conditions de l’interpellation de la jeune fille

2.- L’expulsion qui intervient au bout de 4 ans et 10 mois, soit deux mois avant que la famille Dibrani puisse présenter une demande de régularisation. Rappelons d’ailleurs que l’application d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) relève du Préfet.

3.- Malgré toutes les déclarations, on remarquera que les délais d’examen des dossiers, recours et requêtes restent extrêmement longs et que dès lors les expulsions sont de plus en plus difficiles et douloureuses.

 

Ce sont sur ces points qu’il convient de continuer le combat afin que les traitements des dossiers d’asile soient identiques sur l’ensemble du territoire tant dans les délais que dans les décisions.

 

G.J.

 

 


 

La reprise des cours de français

 

Dès la rentrée scolaire de septembre, les cours de français ont repris au CASAM à Metz, à la fois au siège, à Borny, et à la Maison des associations, rue du Coëtlosquet.

 

La fin de l’année scolaire 2012-2013 s’était très bien passée puisque, comme chaque année, nous avons présenté aux différents niveaux du DELF (diplôme de français langue étrangère) un nombre appréciable de candidats (28) et que 26 ont été reçus : 9 au niveau A1, 11 en A2, 7 en B1 et 1 en B2. Connaissant leurs difficultés quotidiennes, nous sommes très fiers d’eux...et de nous aussi un peu !

 

Depuis la reprise nous avons constaté que la « demande » augmente d’année en année en particulier au niveau des débutants, liée bien sûr à l’accroissement permanent du nombre des demandeurs d’asile en Moselle ; mais aussi au niveau des apprenants confirmés qui ont bien compris qu’une bonne pratique de la langue facilitait leur insertion.

 

Cela ne va pas sans créer quelques problèmes matériels, de locaux en particulier, mais pour cela nous nous « débrouillons » pour le mieux et ces difficultés n’entament pas notre volonté.

Et l’année 2013-2014 s’annonce, une nouvelle fois, passionnante.

 

Pour le groupe d’enseignants :

François LEVY

 

 


Les finances du CASAM

VERS UN NOUVEAU DEFICIT ?

 

Aux deux tiers de l’exercice 2013 ? il importe de faire le point sur les finances de notre association. Il faut bien le constater, les choses ne se présentent pas pour le mieux : début octobre, les dépenses sont supérieures aux recettes de 3000 €. Rappelons, de plus, que l’exercice 2012 s’était soldé par un déficit supérieur à 8000€.

De nombreux organismes, pourtant, nous ont accordé des subventions, nous leur adressons nos remerciements les plus sincères : l’Association Entraide et Amitié, le CCFD, le CCAS, le Crédit Mutuel, l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et Lorraine (UEPAL). La mairie de Metz nous verse traditionnellement une subvention fin octobre, le Conseil Régional vient de nous annoncer qu’elle nous en accordait une également, nous espérons la recevoir avant la fin de l’année. Il n’en reste pas moins que l’absence d’une subvention structurelle, comme nous en recevions une il y quelques années encore de la part de la DASS, se fait cruellement sentir.

Chacun peut légitimement se poser la question de savoir en quoi consistent les dépenses. A ce jour, pour l’exercice en cours, 33% d’entre elles ont été occasionnées par les traductions, c’est le poste le plus important. L’enseignement du Français a représenté 20% des dépenses (l’inscription à l’examen du DELF revient à 105€ par élève). Par parenthèse, rappelons que les résultats sont excellents. Viennent ensuite les photocopies (11%), l’affranchissement du courrier (8%), les charges liées aux locaux (7%), le nettoyage des locaux (6%), les fournitures de bureau, le téléphone…

Sans faire preuve d’un pessimisme excessif, nous pouvons craindre que l’année en cours soit à nouveau déficitaire. Seul un afflux très important du nombre de cotisations pourrait faire qu’il en aille autrement, alors qu’à ce jour, justement, elles sont en baisse par rapport l’an dernier. Il nous faudrait recevoir au moins quatre mille euros d’ici le 31 décembre pour espérer équilibrer le bilan.

Chacun l’aura compris, il importe de faire un effort…

C’est pourquoi nous tenons à remercier chaleureusement les adhérents qui, par leurs cotisations et leurs dons, nous ont déjà été d’un grand secours cette année.

 

Le Trésorier

Rosaire DI BENEDETTO

 

 

 

A VOS AGENDAS :

Mardi 3 décembre 2013 à 20 heures 30 à l’I.R.T.S. - Le Ban Saint Martin

Conférence de Jean-François DUBOST - animée par Georges JACQUOT

Sur le thème : le droit d’asile

Jean-François DUBOST est responsable du programme des personnes déracinées auprès d’Amnesty International et membre de la Coordination Française du droit d’Asile

Samedi 22 février 2014 à 16 heures 30

ASSEMBLEE GENERALE DU CASAM

Dans le grand salon de l’hôtel de ville à METZ

Ce sont les deux premières manifestations qui s’inscrivent dans le cadre du 25èmeanniversaire du CASAM.

 


Vous pouvez consulter le blog du CASAM à l’adresse suivante :

casam.over-blog.org

 

 

 

Extraits de la lettre de la CFDA (Coordination Française pour le Droit d’Asile) au Président de la République, envoyée après les drames de l’immigration et avant le sommet européen.

 

 

Paris le 23 octobre 2013

 


Monsieur le Président de la République,

 

 

Au lendemain du naufrage survenu au large de Lampedusa le 3 octobre, vous avez annoncé votre volonté de proposer une « politique à l’Union Européenne » en matière d’asile, assise sur le triptyque « prévention, solidarité, protection », et proposé que le sujet soit à l’ordre du jour du prochain sommet européen, les 24 et 25 octobre.

 

[…] nous tenions à vous faire part des principes que nous considérons devoir être défendus au nom de la France.

 

I- Vous dites vouloir que l’Union Européenne préviennela survenance de telles tragédies. […] En verrouillant leurs frontières dans le cadre de la lutte contre l’immigration irrégulière, les pays européens ne font en réalité que « donner plus de pouvoir » aux passeurs et aux trafiquants d’êtres humains. […] On sait que nombre de celles et ceux qu’on appelle « migrants clandestins » sont en réalité des réfugiés contraints de fuir pour protéger leurs vies et qui, s’ils parviennent jusqu’à nos terres européennes, seront admissibles à l’asile. C’est notamment le cas de la majorité des Syriens et des Erythréens rescapés des deux derniers naufrages du mois d’octobre à Lampedusa et à Malte. […] Pour faire face aux défis qui sont posés à l’Union Européenne, la meilleure garantie de prévention demeure celle d’un accueil solidaire.

 

II- Vous appelez en effet, comme l’a fait Cécilia Malmström, à la solidarité. Elle doit de caractériser en externe par une solidarité vis-vis des pays frontaliers de la Syrie : le Liban, la Jordanie, l’Irak et la Turquie notamment, qui ne sont plus en capacité d’accueillir les 5000 Syriens qui fuient chaque jour la guerre.

Nous avons entendu l’engagement de la France d’accueillir 500 Syriens ; il faudra aller bien au-delà, face à l’ampleur de l’exode syrien et du fait de la proximité géographique de l’UE avec le Moyen-Orient.

 

Cette nécessaire solidarité doit également s’exprimer par l’initiative d’un programme mondial à la hauteur de la crise actuelle […]

 

Elle doit enfin s’opérer entre Etats-membres, au sein de l’Union. Il n’est pas normal de nier les difficultés dantesques auxquelles sont confrontés Malte, l’Italie, Chypre et la Bulgarie. […] a minima, sans plus attendre, nous souhaitons que la France plaide pour la clause de souveraineté – qui permet aux Etats-membres de ne pas appliquer les critères de responsabilité du règlement Dublin – soit mise en œuvre pour les Syriens.

 

III- S’agissant enfin de la protectionque vous appelez de vos vœux, elle doit se traduire par l’accueil de celles et ceux qui sont aujourd’hui en danger et l’octroi, dans toutes les situations qui l’imposent, du statut de réfugié. […]

 

Il est possible de favoriser, et à tout le moins de ne pas continuer à entraver délibérément l’accès au sol européen des personnes qui ont besoin de protection internationale en assouplissant les règles de délivrance de visas à destination d’un Etat membre et en supprimant l’exigence de visa de transit aéroportuaire.

 

Il est possible, encore, d’accroître fortement le nombre des personnes accueillies dans les Etats membres dans le cadre des procédures de réinstallation impulsées par le H.C.R. […

 

Dans ce cadre, le triptyque « prévention, solidarité, protection »peut véritablement éviter que de nouvelles tragédies ne se reproduisent tout en respectant les obligations qui engagent tous les Etats membres de l’UE en matière de protection des réfugiés.

[…]

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de notre haute considération.


Pour le Secrétariat de la CFDA, Christophe LEVY

 

 

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Comme le trésorier l’a souligné dans cette lettre, sans ses adhérents, le CASAM n’aurait que peu de force. C’est votre soutien moral et financier, indispensable, qui nous permet de continuer notre action en faveur de ceux qui ont été contraints à l’exil.

Si ce n’est déjà fait pour cette année 2013, il est encore temps de vous acquitter de votre cotisation annuelle.

Nous vous en remercions à l’avance. 

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Rien de ce qui est humain ne m’est étranger (Térence)

Bulletin d’adhésion 2013

à retourner, accompagné de votre chèque, à

CASAM - 21 rue du Languedoc –

BP 35067 57072 METZ CEDEX 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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