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                                                                                                                                                                   Metz, le 28 juin 2013

 

 

LETTRE  À  NOS  ADHÉRENTS

ET  AUX  ASSOCIATIONS  QUI  NOUS  SOUTIENNENT


 

Le mot du Président

Dignité humaine et dogme républicain

 

Le 26 avril la Commission Européenne a annoncé qu’un accord avait été trouvé par les Etats membres sur un système d’asile commun. 

L’objectif de cet accord est  d’instaurer des normes identiques  pour l’accueil, le traitement des demandes et la garantie des droits. Ce qui marque une avancée puisqu’aujourd’hui un migrant qui dépose sa demande d’asile en Grèce a en effet beaucoup moins de chances d’obtenir le statut de réfugié que s’il la formule en Allemagne par exemple.

Cependant un gros regret : que les Etats membres n’aient pas pu s’accorder pour revoir le système de Dublin qui  impose que la demande d’asile soit traitée par le pays d’entrée dans l’Union Européenne.

 

Cet accord entre les Etats membres de l’Union européenne intervient peu de temps après la  mise en application de la circulaire du 3 décembre 2012, dite circulaire Valls, et la publication du rapport du conseiller d’Etat Thuot sur l’immigration et de celui de la CFDA (1) dressant un état des lieux des conditions d’accueil des demandeurs d’asile et avant ceux  de deux sénateurs , de l’IGAS (2) et de l’IGA (3).

Il en ressort aujourd’hui une volonté de donner une plus grande cohérence dans l’accueil des demandeurs d’asile et le traitement de leurs dossiers.

Il convient maintenant d’attendre les mesures qui seront prises, les améliorations qui devraient intervenir telles que la réduction des délais ou un hébergement amélioré.

Il  faudra rester vigilant car les bonnes intentions  ne doivent pas déboucher sur des dispositions qui seraient contraires à certains textes internationaux signés par la France et notamment la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et  de celle des Droits de  l’Enfant.

Le ministre de l’Intérieur  Manuel Valls, commentant l’accord européen,  a souligné qu’il fallait <réformer notre système d’asile à bout de souffle>.  Le ministre souligne dans une interview accordée au <Monde> : « Il y a dans le monde des personnes qui subissent l’arbitraire, la terreur et les persécutions. C’est l’honneur de la France de protéger ceux qui, sans son aide, seraient en grand danger ».

Voilà qui valide notre action et l’interprétation que nous donnons au mot « aide » en assistant et accompagnant les demandeurs d’asile jusqu’au bout de la procédure et dans le respect des lois alors que d’autres donnent une interprétation plus restrictive à ce mot.

Mais l’une des pistes soulevées par le ministre est le problème posé par les déboutés : <En pratique peu de déboutés sont éloignés. S’ils restent en France sans titre de séjour, ils dévoient le droit d’asile et relèvent alors de la lutte contre l’immigration irrégulière>.

Cette volonté affichée d’être plus rigoureux avec les déboutés a pour principal but de désengorger l’hébergement d’urgence.

Nous, associations, devrons faire preuve de la plus grande prudence et d’une extrême vigilance car notre rôle est d’aider les demandeurs d’asile. Souvent nous gagnons leur confiance et notre rôle est de continuer à les conseiller et à les guider et non de les stigmatiser.

 

 

Et puis nous attendons les premiers résultats suite aux demandes de régularisation dans le cadre de la circulaire Valls, l’autorisation de séjour d’un an en lieu et place de celle de trois mois et enfin la nouvelle loi sur l’immigration qui devrait être débattue avant la fin de l’année.

On le voit, beaucoup de choses bougent actuellement. Dans cette période où se mêlent espoirs et craintes je me permettrai de faire un parallèle entre la demande d’asile et l’esclavage au travers de deux citations figurant sur le panneau dédié à Victor Schoelcher (4) et tirées de la proclamation de l’abolition le 27 avril 1848 : <L’esclavage est un attentat contre la dignité humaine> et  c’est une <violation flagrante du dogme républicain>.

Soyons donc vigilants et agissons pour que  la demande d’asile, principe fondamental de la Constitution, soit traitée dans le respect de la dignité humaine et du dogme républicain.

 

Georges JACQUOT


(1)     CFDA = Coordination Française pour le Droit d’Asile, dont le CASAM est  membre associé

(2)     IGAS  =  Inspection Générale des Affaires Sociales

(3)     IGA   =   Inspection Générale de l’Administration

(4)     Une exposition se tient actuellement dans les jardins du Luxembourg  à Paris à l’occasion du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire.

 



La Coordination Francaise pour le Droit d'Asile

 

Le CASAM est devenu membre associé de la Coordination Française pour le Droit d’Asile depuis le début de l’année 2013.

Dans ce cadre, nous avons accès à l’information diffusée par la CFDA concernant toutes les questions relatives à l’asile en France et en Europe. Nous recevons ainsi les statistiques mensuelles de l’OFPRA par département de résidence et par nationalité.

De janvier à avril, l’OFPRA a enregistré 281 demandes de protection internationale pour la préfecture de la Moselle. Cela représente 1,85% du total des demandes.

Sur la même période, les accueillants du CASAM ont rempli 54 dossiers OFPRA. 42 nouveaux dossiers ont été ouverts pour la rédaction de recours auprès de la CNDA (L’AIEM ne traite plus les dossiers « recours »).

La CFDA nous communique rapidement d’importantes informations, en particulier concernant les conditions d’accueil des demandeurs d’asile. Par exemple, nous avons été informés immédiatement de la décision du Conseil d’Etat d’annuler la circulaire du 3 novembre 2009 en ouvrant ainsi l’accès aux CADA et à l’Allocation Temporaire d’Attente aux demandeurs d’asile dépendant de la procédure Dublin II.

Nous recevons de même des informations concernant la consultation lancée par Manuel Valls pour la réforme du système français du droit d’asile, suite à un accord des états membres de l’Union Européenne sur un système d’asile commun. Cette consultation débutera en juillet 2013.

C’est par ce même canal que nous recevons des communiqués du HCR ainsi que des informations concernant les décisions du gouvernement français ayant un impact sur l’accueil des solliciteurs d’asile.          

                                                                                                                                                          

Sophie  FERRAND

 

 


Les cours de français

 

Pour cette année 2012/2013, les cours de français ont bien fonctionné sur les deux sites, au CASAM à Borny le mercredi et rue du Coëtlosquet (centre ville) le mardi.

 

Le mardi : deux intervenants pour un cours niveau débutants et un cours niveau moyen (plus ponctuellement un cours pour les deux candidats B2 assuré de 11 heures à 12 heures).

Le mercredi : trois intervenants (quatre depuis le mois d’avril) pour un cours pour débutants, un cours pour les moyens, un cours pour les confirmés (préparation B1).

L’afflux de grands débutants nous a contraints à dédoubler le cours des débutants.

 

Au total, plus de 100 demandeurs d’asile ont suivi au moins un cours et une cinquantaine d’apprenants ont fréquenté régulièrement les cours.

 

30 candidats (dont 2 de Caritas et 2 candidats libres) ont passé les examens du DELF à Nancy au mois de mai.

26 ont obtenu leur diplôme :

               9 sur 10 le A1   -   11 sur 11 le A2   -   5 sur 7 le B1   -   1 sur 2 le B2

Etant donné le coût des droits d’inscription (105 € par candidat), nous avons effectué des tests avant les inscriptions pour déterminer les candidats potentiels pour chaque niveau.

 

En conclusion, on constate que le besoin d’apprentissage du français est de plus en plus ressenti par les demandeurs d’asile et que nous nous efforçons d’y répondre au mieux.

 

François LEVY et Catherine AMBROISE

 

 


Festival « PASSAGES »

 

« D’AILLEURS » : six instantanés théâtraux conçus et mis en scène par Jean de Pange.

 

À propos de l’un d’eux : « Les 3 vies de Sasa M. »

 

C’était le Dimanche 5 Mai et il faisait beau…

Un bus spécial TCRM attendait les spectateurs, Place de la République, pour les emmener vers une destination inconnue.

Il y avait ceux qui étaient inscrits sur la liste donnant le  droit de monter à bord ; il y avait les autres, réduits à une attente incertaine…

On nous avait distribué des lecteurs MP3 et le bus est parti, bondé. Au signal, nous avons démarré l’écoute ; la voix de Sasa M. s’est fait entendre, parlant français avec un fort accent serbe,  et déroulant pour nous le récit de sa «1ère vie » en ex-Yougoslavie, puis de sa «2e vie », recommencée après la tourmente de la guerre, et enfin les événements qui l’ont contraint à tout abandonner de nouveau, à partir avec sa femme Nina et ses 2 enfants, parce que leur existence était menacée.

Nous étions arrivés sur les hauteurs, dans la campagne, et avons traversé un champ immense, dominant le val de Metz.

Un homme nous attendait, debout, de dos, face tournée vers la vallée, dans le soleil couchant.

Quand tous ont été installés, il s’est retourné, s’est avancé vers nous et a dit : «  je suis Sasa Maximovic. »

Et il nous a raconté.

L’arrivée au petit matin glacial, dans une ville inconnue, un pays dont ils ne comprenaient pas la langue, les peurs, les espoirs, les surprises bonnes ou mauvaises, «  les galères », les rencontres, les mains tendues.

La ville à nos pieds était le décor dans lequel s’étaient effectués les premiers pas de Sasa et des siens dans sa « 3e vie » :  la gare des autobus, la préfecture, la  cathédrale, le Conseil régional, les bords de la Moselle où ils avaient séjourné sous des tentes de fortune…

Nous écoutions, parcourant la ville d’un regard différent, découvrant à mesure les repères que nous indiquait Sasa ; et nous avions des rires parfois, et des larmes aussi.

Intense émotion pour tous ceux qui étaient là !

Nous sommes repartis, heureux d’avoir vécu une expérience exceptionnelle, un grand moment de partage.

 

J’aurais voulu participer aux autres instantanés théâtraux, mais les listes de réservation étaient complètes et les longues listes d’attente  ne m’offraient aucune chance…

 

Chantal BUNGERT

 

 


« L’ETRANGER EST D’ABORD UN ÊTRE HUMAIN »

 

A l’automne dernier, Marianne Renaud, pasteur à la paroisse de Yutz, a été ordonnée au cours d’un culte célébré à Wissembourg  en Alsace en même temps que trois autres pasteurs : Hanitra Ratsmanampoka de la paroisse luthérienne de la rue Mazelle à Metz, Nicole Girard de Beblenheim et Sarah Sarg de Neuviller-la-Roche et Rothau.. A l’initiative de Marianne Renaud  les nouveaux ordonnés ont demandé à ce que la collecte de ce culte d’ordination soit versée au CASAM auquel elle avait rendu visite quelques semaines plus tôt lors d’une permanence d’accueil. Elle livre ci-dessous son témoignage.

 

« Nous avons choisi d’affecter la collecte de notre culte d’ordination au CASAM : « Collectif d’Accueil des Solliciteurs d’Asile en Moselle », créé en 1989 sur le modèle du CASAS de Strasbourg.

 

Quelles sont les actions du CASAM?

Accueillir, écouter et accompagner  les étrangers en demande d’asile politique. L’asile est un droit fondamental tant dans la Constitution française que dans la convention de Genève : toute personne a le droit d’être protégée contre des persécutions liées à son appartenance à un groupe social, à une religion, à une ethnie, à des idées politiques.

Il n’y a pas de salarié au CASAM : c’est une association qui fonctionne uniquement avec des bénévoles, pour accueillir et accompagner environ 400 nouveaux demandeurs d’asile par an. Depuis 2010, la subvention qui était versée au CASAM par l’Etat, et qui constituait l’essentiel de ses ressources, n’a pas été renouvelée : ce sont donc des donateurs privés – dont notre Eglise, l’UEPAL-, ainsi que la Mairie de Metz qui met des locaux à disposition, qui financent l’essentiel des activités du CASAM.

Qu’est-ce qui coûte ?

-        la mise en place de cours de français dans des locaux qu’il faut payer

-        les traductions des dossiers (même si de nombreux bénévoles interviennent)

-        les frais administratifs (timbres fiscaux, photocopies, affranchissement)

-        la formation des bénévoles …

 

Lorsque je suis entrée pour la première fois dans les locaux du CASAM, rue du Languedoc à Metz Borny, j’ai eu le sentiment d’un lieu de concentré de vie, d’extrême effervescence : on entre, on sort, la porte du bureau s’entrouvre et l’un ou l’autre pose une question urgente. Et au cœur de cette ruche bourdonnante, s’établit pourtant un climat de discrétion : les tranches de vie livrées pour constituer les précieux dossiers ont besoin d’être respectées et accueillies dans l’intimité…

 

Tout semble urgent, et toute urgence est relativisée à l’aune des mois d’attente pour qu’une réponse administrative parvienne : quelles que soient les compétences des uns et des autres, quelle que soit l’organisation mise en œuvre, beaucoup de choses échappent ainsi aux accueillants comme aux personnes accueillies.

 

L’enjeu n’est pas alors dans le résultat et dans l’aboutissement d’un nombre de dossiers : l’enjeu est peut-être ailleurs : dans l’écoute, dans la prise au sérieux des personnes quelle que soit leur situation, dans la mise en place d’un accueil et d’une reconnaissance de chacun dans sa dignité, par l’engagement pris les uns envers les autres. L’étranger est d’abord un être humain, et  « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».  A la grâce de Dieu. >

                                                                                                                                                     Marianne RENAUD

Pasteur à Yutz

 

 


Les finances du CASAM

 

Chacun le sait, depuis que l’OFII a pris la décision de ne plus reconduire la subvention que nous accordait la DASS, aucune de nos ressources n’est pérenne.  Les personnes qui ont assisté à l’assemblée générale l’ont constaté, la situation financière du CASAM est très fragile.

Si l’année 2011 a été faste et nous  a permis de renflouer notre caisse, depuis, les choses se dégradent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : notre trésorerie s’élevait à 45 410 € le premier janvier 2012, à 36 562 € le premier janvier 2013 et aujourd’hui à 30 250€. Certes nous sommes en milieu d’exercice et les choses peuvent encore évoluer cette année, mais il faut bien dire que les perspectives ne nous conduisent pas à être optimistes.

 

Nous sommes continuellement à la recherche de subventions. Elles ne nous sont pas toujours accordées.

En  2012, elles ont été inférieures à ce que nous escomptions d’environ 2 000€. Cette année, bien que nous ayons revu nos prévisions de recettes à la baisse dans ce chapitre, les choses ne semblent pas s’améliorer, loin de là. Nous avons  prévu des recettes  d’un montant de 12 200 € dans notre budget prévisionnel : à ce jour  nous avons reçu 2500 €.

L’association Entraide et Amitié et le CCAS de Metz nous ont accordé leur aide.  Nous sommes assurés d’obtenir une subvention de la Mairie, nous avons bon espoir d’en obtenir une de la Région Lorraine et de l’UEPAL (Union des églises protestantes d’Alsace Lorraine),  mais le reste est bien aléatoire. Le  Conseil Général ne nous a jamais accordé d’aide, mais nous essaierons à nouveau.  Nous frappons à d’autres portes, bien entendu,  mais  certaines ne semblent pas s’ouvrir. Il nous faut encore trouver  10 000€  ….

 

Plus encore que sur les subventions,  nos recettes  reposent sur les dons et les cotisations. Pour équilibrer notre budget, il nous faut percevoir 15 000 € dans ce chapitre. A  ce jour, nous avons recueilli 4 706 €. Si nous prenons en compte le fait que c’est au moment de l’assemblée générale que les dons entrent le mieux, que celle-ci a déjà eu lieu et que la moitié de l’année est passée…

 

Vous l’aurez compris, le CASAM fait aujourd’hui appel au militantisme et à l’effort de ses adhérents. Les dons et les cotisations sont indispensables.


Rosaire DI BENEDETTO

 

 


 

Vous pouvez consulter le blog du CASAM à l’adresse suivante :

casam.over-blog.org

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Comme le trésorier l’a souligné dans cette lettre, sans ses adhérents, le CASAM n’aurait que peu de force.

C’est votre soutien moral et financier, indispensable, qui nous permet de continuer notre action en faveur de ceux qui ont été contraints à l’exil.

Si ce n’est déjà fait pour cette année 2013, il est encore temps de vous acquitter de votre cotisation annuelle.

Nous vous en remercions à l’avance.

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Rien de ce qui est humain ne m’est étranger   (Térence)

 

Bulletin d’adhésion 2013

à retourner, accompagné de  votre chèque, à

 

 
 

  CASAM  - 21 rue du Languedoc

BP 35067 57072 METZ CEDEX 3 

 

 

 

 

 


 

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